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Regards croisés suite à la soirée du 26 novembre 2025

Regards croisés suite à la soirée du 26 novembre 2025 : Aurélie Combas-Richard, Directrice déléguée aux opérations- CNAM et Abdelaali El Badaoui, Président Fondateur de Banlieues Santé

Aurélie Combas-Richard

Directrice déléguée aux opérations- CNAM

Que retenez-vous de l’intervention de l’autre invité et en quoi a-t-elle enrichi le débat ?

L’intervention de Abdelaali était passionnante. J’ai trouvé que nos deux interventions se complétaient bien dans une approche de regards sur une thématique traitée par une association avec de puissants relais de terrain et un opérateur de service public qui doit s’assurer que le service public soit homogène et de qualité sur l’ensemble du territoire. L’approche de Banlieues Santé est très globale, elle prend la santé comme un tout et avance pas à pas en remettant les individus au centre et en essayant de traiter les différentes dimensions et facettes pour trouver les bons leviers pour chacun.

Quels enseignements tirez-vous des échanges avec la salle ?

C’était un peu particulier car j’étais déjà intervenue pour présenter des expérimentations conduites en Seine Saint Denis et tout l’enjeu de ma nouvelle intervention était d’expliquer le passage à l’échelle et comment l’Assurance Maladie continuait à poser un cadre d’innovation locale pour généraliser les bonnes idées au national. C’était un peu la saison 2 ! Les échanges avec la salle sont toujours challengeants avec là aussi des regards différents posés sur les interventions : les questions peuvent être très stratégiques ou purement opérationnelles. Elles peuvent porter sur un point de focale catégoriel, sur une profession, sur un chiffre ou sur une préoccupation de territoire. On doit être prêt à tout ! Mais toujours dans un esprit très convivial et bienveillant.

Si vous deviez présenter Coopération Santé en quelques mots, qu’en diriez-vous ?

Coopération Santé permet de réfléchir ensemble sur notre système de santé avec des acteurs de tout horizon et ainsi de croiser les regards, de mieux comprendre les contraintes des uns et des autres. Coopération Santé offre aussi la possibilité de faire un pas de côté et de découvrir des points de vue ou initiatives. C’est important car cela renforce les coopérations et notre système de santé ne peut avancer qu’en transversalité en embarquant toutes les parties prenantes. Construire ensemble, échanger, essayer de bâtir des consensus, c’est sain et ça permet d’oxygéner notre démocratie sociale.

Abdelaali El Badaoui

Président Fondateur de Banlieues Santé

Que retenez-vous de l’intervention de l’autre invité et en quoi a-t-elle enrichi le débat ?

Ce que je retiens de l’intervention d’Aurélie Combas Richard, c’est justement qu’elle ne s’est pas inscrite dans un discours institutionnel stricto sensu. Son intervention était avant tout portée par une vision, presque par une logique d’espérance de vie, et cela m’a particulièrement parlé. Pendant très longtemps, l’institution de la CPAM a été perçue uniquement comme un payeur de droit commun, et non comme un acteur de la santé à part entière. Entendre un discours qui dépasse cette représentation est extrêmement rassurant pour l’avenir du droit commun.

J’ai également été très marqué par la manière dont elle insiste sur la coopération avec le terrain, à travers les différents dispositifs en cours d’essaimage. Le fait que ces actions aient été pensées à partir de phases pilotes, puis objectivées, montre une volonté réelle d’agir de façon concrète, mesurable et utile pour les populations concernées.

Merci à Aurélie pour le travail qu’elle porte, mais aussi pour la manière dont elle l’incarne, en lien étroit avec les réalités de terrain.

Quels enseignements tirez-vous des échanges avec la salle ?

Les échanges avec la salle ont été particulièrement constructifs. Ils rappellent avant tout la nécessité de faire preuve d’humilité face aux inégalités que nous cherchons à solutionner avec les habitants. J’ai ressenti chez les participants une réelle prise de conscience du fait que le travail mené sur le terrain est loin d’être simple, et que de nombreux obstacles doivent être surmontés pour mener à bien nos missions.

La richesse et la pluralité des profils présents ont fortement nourri les échanges, notamment parce que les participants avaient besoin de précisions sur les indicateurs de performance (KPI), mais aussi de mieux comprendre pourquoi les populations vivent ces inégalités et comment il est possible d’y apporter des solutions concrètes et que le cœur du réacteur c’est la concertation. Les questions, parfois très stratégiques, parfois très terrains, se sont révélées à la fois stimulantes et exigeantes. Elles ont porté aussi bien sur des enjeux territoriaux que sur des préoccupations liées à des publics spécifiques, nous obligeant à être précis, transparents et pleinement ancrés dans le réel.

Enfin, le format du dîner s’est révélé particulièrement pertinent : il a permis un véritable partage d’expériences et de ressources, dans un esprit bienveillant. Ce cadre a favorisé des échanges de grande qualité, francs et utiles, renforçant le sens et la portée de ce que nous construisons collectivement.

Si vous deviez présenter Coopération Santé en quelques mots, qu’en diriez-vous ?

Coopération Santé, c’est un lieu où l’on prend le temps de se parler vrai sur notre système de santé. Autour de la table, il y a des institutions, des professionnels, des acteurs associatifs, mais aussi des réalités très différentes du quotidien. Et c’est justement cette diversité qui permet de sortir des discours convenus pour revenir à ce qui compte vraiment : comment la santé arrive ou n’arrive pas jusqu’aux personnes.

Pour nous, acteurs de terrain, c’est un espace précieux pour faire remonter ce que vivent les habitants, leurs incompréhensions, leurs renoncements, mais aussi leurs ressources. On y parle de parcours de soins, de droits, de prévention, avec une approche très concrète, ancrée dans la littératie en santé : rendre les choses compréhensibles, accessibles et appropriables par tous.

Ce type de démarche est indispensable, car aucun acteur ne peut avancer seul. La santé se construit dans le lien, dans l’écoute et dans la capacité à travailler ensemble, au-delà des silos. Coopération Santé contribue à recréer ces ponts, à retisser de la confiance et à poser les bases d’une démocratie sanitaire plus proche du terrain et des habitants.

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