Tribunes

Le Contrat d’Engagement de Service Public : un levier d’accès aux soins pour les étudiants en pharmacie

Face aux inégalités croissantes d’accès aux soins et aux tensions démographiques dans de nombreux territoires, le Contrat d’Engagement de Service Public (CESP) s’impose comme un outil structurant de la politique de santé publique. Longtemps réservé aux étudiants en médecine et en odontologie, son élargissement aux étudiants en pharmacie dès la deuxième année d’études marque une avancée majeure pour la profession et pour l’accès équitable aux soins sur l’ensemble du territoire.

Un dispositif au service de la lutte contre les déserts médicaux

Créé par la loi Hôpital, Patients, Santé et Territoires (HPST) de 2009, le CESP vise à réduire les inégalités territoriales de santé en encourageant l’installation de professionnels dans les zones sous-denses. En contrepartie d’un engagement à exercer dans ces territoires à l’issue de leur formation, les bénéficiaires perçoivent une allocation mensuelle d’environ 1 200 euros brut pendant la durée de leurs études.

L’ouverture du CESP aux étudiants en pharmacie constitue une reconnaissance du rôle central du pharmacien dans le parcours de soins, tant en officine qu’à l’hôpital, et de son ancrage de proximité auprès des patients.

Anticiper son parcours professionnel dès les études

L’accès au CESP dès la deuxième année de pharmacie implique une réflexion anticipée sur l’orientation professionnelle. Ce dispositif s’adresse uniquement aux parcours officinaux et hospitaliers, en lien direct avec les besoins de santé des territoires. Il engage les étudiants dans un projet professionnel cohérent, conciliant engagement personnel, responsabilité sociale et service de l’intérêt général.

Cette démarche permet également de sécuriser financièrement le cursus universitaire, tout en donnant du sens à l’exercice futur de la profession.

Des modalités encore attendues

Si la publication du décret constitue une étape déterminante, la mise en œuvre concrète du dispositif reste, au 15 janvier, conditionnée à la parution d’un arrêté d’application. Celui-ci devra préciser les critères d’éligibilité, les modalités de candidature, ainsi que les conditions exactes d’exercice post-études pour les étudiants en pharmacie.

Dans ce contexte, une communication claire, accessible et adaptée aux réalités des étudiants sera essentielle pour garantir une appropriation effective du dispositif.

Une responsabilité sociale des formations en pharmacie

L’intégration des étudiants en pharmacie au CESP s’inscrit pleinement dans une logique de responsabilité sociale et territoriale des formations en santé, portée de longue date par l’ANEPF. Elle ouvre également la voie à une réflexion plus large sur l’inclusion de l’ensemble des filières, notamment industrielles, dans les politiques publiques d’aménagement sanitaire du territoire

L’engagement de l’ANEPF

L’ANEPF se mobilise pleinement pour accompagner les étudiants dans la compréhension et l’appropriation du CESP. Elle veillera à ce que sa mise en œuvre réponde aux enjeux de santé publique, d’égalité d’accès aux soins et de cohérence des parcours de formation, tout en défendant les intérêts et la diversité des trajectoires professionnelles des étudiants en pharmacie.

Le CESP représente ainsi une opportunité majeure de conjuguer engagement étudiant, justice territoriale et renforcement du système de santé, en plaçant le pharmacien comme un acteur clé de l’accès aux soins de demain.

Association Nationale des Étudiants en Pharmacie de France

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