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Faut-il y voir un effet paradoxal de la Journée de la femme du 8 mars dernier ? Coup sur coup, deux études scientifiques sur le rôle du père viennent d’être publiées. Et elles bousculent quelques idées reçues ! Dans l’une, divulguée dans le dernier numéro de la revue Health Psychology, 399 familles américaines ont été réparties en deux groupes selon que le père était « chaleureux et disponible » ou, à l’inverse, plutôt distant et absent. Hannah Schreier, de l’Université de Pennsylvanie et autrice de cette publication, avoue son « étonnement » devant les résultats obtenus.
Régulièrement, les chercheurs ont prélevé un échantillon de sang des enfants et analysé quatre éléments précis (taux de cholestérol, glycémie ainsi que deux marqueurs de l’inflammation). Leurs conclusions sont sans appel : « Le comportement d’un père, avant même que l’enfant soit en âge de se forger des souvenirs permanents, peut avoir des incidences sur sa santé physique des années plus tard ». En l’occurrence, une influence positive des pères du premier groupe aussi bien sur « la santé cardiaque que sur la santé métabolique » de l’enfant, y compris à l’âge de sept ans !
La seconde étude, publiée dans le célèbre Lancet il y a quinze jours, est plus surprenante encore. D’abord par l’ampleur de l’échantillon étudié : plus de 350 000 couples américains. Par la variété des conclusions de cette étude ensuite.
Premier enseignement : « Les expériences vécues par un homme au début de sa vie, notamment son niveau de stress, sa santé physique et mentale, son environnement, son éducation » influent sur sa santé à l’âge adulte, en particulier « sur la qualité de ses spermatozoïdes » note Danielle Schoenaker de l’Université de Southampton et autrice de l’article.
Deuxième enseignement : « A travers leur propre santé, leur comportement, leur poids, leur consommation de substances {…les pères} ont des répercussions immédiates » sur la santé des mères durant la grossesse, écrit le Pr Keith Godfrey., le second auteur de l’étude, qui en parle même comme d’une « évidence ».
Troisième enseignement – et jusqu’à présent cette question n’avait jamais étudiée de près : la santé des pères au cours de la grossesse a un « effet biologique direct sur la santé du nourrisson et plus généralement un impact direct sur son développement futur ».
Très concrètement, une consommation régulière d’alcool par le père augmente de 35% le risque de malformation du futur bébé. Par ailleurs, plus le père est âgé et plus les risques d’autisme et de schizophrénie augmentent ; plus le père a souffert de dépression et plus l’enfant a de risques de traverser un épisode dépressif dans sa vie. Pourquoi, comment, par quels mécanismes ? L’état actuel des connaissances ne permet de l’expliquer avec précision mais les corrélations constatées ne laissent aucun doute.
Au-delà de ces enseignements théoriques, cette publication vise, pour reprendre la formulation des auteurs, à « corriger les séquelles du sexisme qui fait peser la responsabilité intergénérationnelle uniquement sur le parent qui accouche ». Disons les choses plus brutalement : il serait peut-être temps de se focaliser un peu moins sur les mères, de cesser cette pression constante sur leur alimentation, leur consommation d’alcool et leur hygiène de vie en général. Temps de s’intéresser un peu plus aux futurs pères, et de les responsabiliser sur leur propre hygiène de vie durant la grossesse.
Comme quoi, la journée de la femme n’était finalement pas très loin …

Vincent Olivier
Président de Coopération Santé
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