Synthèse de la soirée-débat du 25 mars 2026
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Sale temps pour les Ordres professionnels. Tous les Ordres, celui des médecins, celui des
pharmaciens, celui des dentistes. Le rapport de l’IGF (Inspection générale des finances) rendu
public le mois dernier conduit à poser la question qui fâche : le temps n’est-il pas venu de les
supprimer ? Ou, à tout le moins, de supprimer le caractère obligatoire de leur cotisation. Et de
les réformer en profondeur, du mode de fonctionnement à la rémunération des dirigeants.
Mais, plus encore, d’interroger leur raison d’être : à quoi sert, aujourd’hui, un conseil de
l’Ordre ?
Première observation, adressée conjointement à ces trois instances : les salaires mirobolants et les dépenses effectuées sans aucun contrôle. Des exemples ? A l’Ordre des médecins, la moyenne des 5 plus hautes rémunérations dépasse les 150 000 euros annuels, et une conseillère s’est fait rembourser plus de 15 000 euros de frais de taxis en 2024. A l’Ordre des dentistes, les salaires ont grimpé de 18% entre 2020 et 2024 et l’institution s’est offerte pour 6,7 millions d’euros un appartement parisien de 405 mètres-carré.
Sur leur déontologie aussi, il y a beaucoup à dire. Toujours chez les dentistes, depuis juillet dernier, à cause d’un bug informatique l’Ordre n’est plus en capacité de contrôler d’éventuels conflits d’intérêt des membres du bureau. Chez les pharmaciens, aucune procédure disciplinaire n’a été à ce jour lancée contre les 8000 professionnels impliqués et parfois condamnés dans « l’affaire Urgo » – en 2025, cette entreprise a dû payer 55 millions d’euros d’amende pour avoir offert des cadeaux en contrepartie d’achats de produits de ses marques. Quant à l’Ordre des médecins … Comme le déplore Vincent Pradeau, le président du syndicat de libéraux Avenir Spé, adhérent de Coopération Santé, « l’Ordre s’occupe de déontologie, mais il ferait bien de se l’appliquer à lui-même ». Ainsi, en 2015, le Dr Eugénie Izard, pédopsychiatre, effectue un signalement pour les maltraitances dénoncées par Manon à l’encontre de son père. Ce dernier (lui-même médecin …) dépose plainte devant l’instance ordinale. Il retire finalement sa plainte, mais le conseil départemental décide néanmoins de poursuivre le Dr Izard pour, je cite, « non-respect de l’autorité parentale et immixtion dans les affaires familiales ». En 2022, le Dr Izard est condamnée par l’Ordre national à deux mois fermes d’interdiction d’exercer – sanction rarissime et très sévère. Malgré la loi de 2015 qui exonère les médecins de toute responsabilité dès lors qu’une dénonciation est effectuée « de bonne foi ». Manifestement, la loi générale importe moins que la loi du silence en usage à l’Ordre des médecins.
Enfin, il y a ces crimes pédo-sexuels traités avec désinvolture, voire une indulgence inquiétante. Dans son rapport, l’IGF dénonce avec force des « défaillances qui mettent en jeu la sécurité des patients ». Et de citer le cas de ce médecin condamné en 2025 pour détention d’images pédopornographiques et propositions d’actes sexuels à un mineur, mais toujours inscrit à l’Ordre et donc, en pratique, autorisé à continuer d’exercer.
Et que dire de Joël Le Scouarnec ? Pendant trente ans, ce chirurgien a agressé et violé plus de 300 enfants dans les hôpitaux de l’Ouest de la France. Et ce, malgré une condamnation pour détention d’images pédopornographiques dès 2005. Alerté par un confrère un an plus tard, l’Ordre des Médecins convoque le Dr Le Scouarnec. Note dans son compte-rendu « site porno enfants +++ ». Puis réunit son bureau pour prendre une décision. Estime, à l’unanimité moins une voix, qu’il n’y a pas de problème déontologique. Classe l’affaire. Et se garde bien d’en informer les autorités sanitaires. Offrant ainsi l’occasion au Dr Le Scouarnec de faire des dizaines de victimes supplémentaires. En toute impunité.
Pour rappel, le Conseil de l’Ordre des Médecins a pour missions de « défendre l’honneur de la profession » et de « veiller à la qualité des soins et au respect du droit des patients ». C’est écrit noir sur plan sur son site officiel.

Vincent Olivier
Président de Coopération Santé
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