Interviews

Regards croisés après la soirée.

Après chaque dîner au Sénat, nous posons les mêmes trois questions à nos intervenants. Ce regard croisé révèle souvent l’essentiel de ce qui s’est joué dans la salle.

3 questions à Lionel Collet, Président de la HAS

Que retenez-vous de l’intervention de Gérard Raymond et en quoi a-t-elle enrichi le débat ?

Comme d’habitude, très bonne intervention de Gérard Raymond. Ce qui est intéressant, c’est qu’on avait en effet un vrai regard croisé : je donnais des chiffres de ce qu’on constatait à la HAS — dans la certification des établissements de santé, les résultats d’E-satis — et Gérard Raymond pouvait, lui, apporter le côté usager. On voyait que cela était totalement en phase : ce que nous mesurons à la HAS est véritablement le reflet de la satisfaction et de l’expérience des usagers dans les établissements de santé.

Quels enseignements tirez-vous des échanges avec la salle ?

J’ai trouvé les échanges extrêmement riches. J’ai été impressionné par le nombre de questions, dans tous les domaines possibles — du thermalisme à l’IFAQ, le dispositif d’incitation financière à la qualité, en passant par la certification. Cela a montré toute l’étendue des sujets d’intérêt. Un très bon moment.

Si vous deviez présenter Coopération Santé en quelques mots, qu’en diriez-vous ?

Coopération Santé est un espace de dialogue — entre professionnels autour de la santé, même si ce ne sont pas que des professionnels de santé. Un espace très riche, où je viens toujours avec plaisir.

3 questions à Gérard Raymond, Président de France Assos Santé

Que retenez-vous de l’intervention de Lionel Collet et en quoi a-t-elle enrichi le débat ?

Le président de la Haute Autorité de Santé est un homme brillant et un véritable humaniste. Il a certainement redonné à la HAS ses lettres de noblesse — celles qu’elle portait au moment de sa création, et je voudrais saluer Alain Coulomb, qui en fut l’un des fondateurs. Je ne m’attendais pas à mieux que ce qu’a dit Lionel Collet. Cette HAS est là pour éditer des recommandations, réfléchir, mettre en place des indicateurs de qualité — avec humanisme, mais aussi avec fermeté. La science et la technologie doivent faire bon ménage à la HAS, tout comme l’ensemble des acteurs, patients compris, qui en sont partie prenante.

Quels enseignements tirez-vous des échanges avec la salle ?

Je connais de nombreuses personnes présentes, compte tenu du parcours que j’ai pu avoir. C’est toujours très intéressant de reprendre certains sujets avec des gens qu’on n’a pas vus depuis quelque temps. Mais la difficulté reste visible : on sent que chacun veut progresser, faire pour le mieux — et pourtant, on se heurte à des corporatismes, à des habitudes ancrées qui font que nos débats et nos interrogations ne se concrétisent pas sur le terrain, ni en mesures, ni en lois, ni en changement réel de notre système de santé..

Si vous deviez présenter Coopération Santé en quelques mots, qu’en diriez-vous ?

Je fus l’un des premiers à rejoindre Coopération Santé à sa création. Il y a déjà vingt ans, nous avions compris qu’il fallait, en dehors des institutions, être capables de se mettre autour d’une table — industriels, professionnels de santé, patients, administrations — pour discuter, échanger, se confronter, réfléchir, trouver des solutions. On voit combien ces espaces sont précieux : apprendre à se connaître, comprendre les intérêts des uns et des autres pour avancer ensemble. C’est ici que se déroule la démocratie, la connaissance et l’humanisme que nous voulons porter dans notre société.

Propos recueillis par Sophie Goudal.

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