Publier oui…mais à quel prix ?

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Longtemps, la règle dans le monde de la recherche a été « publish or perish » (en français , « publier ou mourir ») : pour bénéficier de subventions publiques, il fallait en effet signer le plus d’articles scientifiques possibles, de préférence dans des revues à haut facteur d’impact telles que le Lancet ou le New England Journal of Medecine. Une règle qui a donné lieu à quelques excès, mais qui avait néanmoins le mérite d’encourager les chercheurs à partager le fruit de leurs travaux.

Aujourd’hui, avec l’épidémie de Covid 19, le nouveau dictat est : communiquer tout de suite ou mourir. Quitte à brûler des étapes. Comme l’a fait récemment l’APHP en annonçant des résultats positifs sur le Toclizumab avant la fin de l’essai. Comme l’a surtout fait, et de façon systématique, Didier Raoult à travers des « pré-print » (études non validées par les pairs), des communiqués de presse, voire des vidéos sur YouTube ou même de simples tweets ! De telles dérives étaient, il y a peu encore, « réservées » à des revues confidentielles et/ou à des chercheurs à l’éthique discutable. Un nouveau pas vient d’être franchi par le Lancet dont le dernier article sur le Covid 19 s’est avéré imprécis, incomplet et, pour tout dire, indigne de sa réputation. Une précipitation inacceptable qui ne fait pas honneur à la recherche

Vincent Olivier – Dirigeant de Recto Verso  – Juillet 2020